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nov 19

sophiebocquet

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Twinterwiew avec une professeure documentaliste

Bonsoir Jacqueline et merci d'accepter de répondre à quelques questions. Peux tu te présenter et nous raconter ton parcours ?

Je suis professeure documentaliste retraitée, de ce fait, j'ai connu l'évolution du métier d'enseignant documentaliste (de « bibliothécaire en établissement scolaire », au « professeur documentaliste » en passant par « documentaliste ») ainsi que l'évolution des nouvelles technologies appliquées à la recherche documentaire- du fichier papier à la base de données informatisée, pour ne parler que de cette activité professionnelle. Peux tu nous expliquer les raisons pour lesquelles tu continues à veiller aussi assidûment ?

Mon temps désormais libre de toute contrainte salariée, je me suis trouvée à faire ce pour quoi je pense être suffisamment compétente : exercer une veille assidue pour alimenter un site que beaucoup de professeurs documentalistes connaissent Docs pour Docs. Tout l'écosystème de veille que j'ai mis en place m'aide à suivre l'actualité du métier, ses débats, ses besoins en information. Continuer à exercer une veille ciblée et pertinente ne m'est possible qu'à travers les outils issus du web 2,0. Je n'aurais pas eu cette opportunité dix ans plus tôt ! Twitter est un des piliers de ce système.

Ta présence sur Twitter est elle à titre personnel,  professionnel ou les deux ?

Essentiellement à titre professionnel. Ce qui peut paraître un peu réducteur à certains. J'échange des informations professionnelles avec une communauté précise : les enseignants et plus particulièrement les professeurs documentalistes mais aussi plus largement les professionnels de l'information documentation et ceux qui utilisent les Tic – ce qui élargit considérablement mon horizon. Les échanges professionnels sur Twitter ne se bornent cependant pas à des relais impersonnels, les personnalités de chacun transparaissant à travers la sélection des infos signalées. Malgré ma retenue professionnelle une connivence s'établit avec certains utilisateurs, la fonction de réseautage social n'est pas une illusion. J'évite cependant de m'étendre sur ma vie hors Twitter, donc je ne joue pas le jeu à fond , je le reconnais volontiers.

Pourquoi Twitter ? Depuis quand es tu inscrite ? Quelle est ta fréquence de connexion ?

J'ai pris conscience des potentialités de Twitter pendant l'été 2009 à travers certains posts de blogs que je suivais régulièrement dans ma veille informationnelle. J'ai voulu en savoir plus sur l'outil. J'ai créé un compte « Twittessai » pour m'initier aux usages de Twitter. J 'ai relayé cette expérience sous forme d'article sur Docs pour Docs : petit guide Twitter et pistes pédagogiques pour les enseignants documentalistes. Une fois terminée la découverte de Twitter, convaincue de son utilité, j'ai gardé le compte en changeant de nom d'utilisateur « Twittendoc ». Quand je suis disponible, j'adapte ma veille au rythme de celle des professeurs documentalistes en activité : je suis moins présente le week end ou pendant les vacances scolaires. Twitter est à la fois un outil de veille informationnelle, une source d'informations, mais aussi un moyen de diffuser le résultat de cette veille à un public ciblé.

Peux tu nous parler de DocspourDocs, des informations que tu relaies sur les réseaux sociaux Netvibes et particulièrement Twitter ?

Je ne sais pas si DocspourDocs dans la question fait référence au site ou au compte Twitter , les deux peut-être ? Un court historique rappellera mon implication et ma présence sur le réseau : J'ai intégré l'équipe Docs pour Docs en 2002 quand Alain Gurly a passé le relais à certains de ses collègues rencontrés, – virtuellement pour la plupart – sur la liste professionnelle e-doc (enseignants-documentalistes) en même temps que Nicole Boubée, Edith Boulo et Ghislain Chasme. L'équipe virtuelle est devenue plus concrète en 2003. Dès le début de l'aventure, je me suis chargée de la veille informationnelle (certaines brèves et infoliens du « portillon ») je n'ai pas cessé depuis, au contraire, la veille s'est intensifiée quand j'ai eu plus de temps à lui consacrer. Ma veille informationnelle n'est pas une fin en soi. J'ai constitué un ensemble organisé de sources d'informations pour alimenter le site Docs pour Docs. Les informations que je glane me dressent un état des lieux des attentes et des informations à présenter sur le site. Il ne s'agit pas uniquement de signaler un événement ponctuel mais aussi de le contextualiser, de donner des informations spécifiques qui aideront les enseignants dans leur quotidien pédagogique ou dans la gestion du CDI. L'univers Netvibes « Veille informationnelle pour professeur documentaliste » constitue la première étape vers une une veille systématisée grâce à la sélection de sites ou de blogs intéressant la profession. J'ai recueilli en un seul lieu la plupart de mes sources d'information. Il est mis à jour régulièrement grâce aux fils RSS naturellement, mais aussi au renouveau des titres que je consulte, les découvertes étant immédiatement répercutées dans les onglets correspondants. D'autre part, je ne me limite pas aux fils RSS de l'univers Netvibes, j'ai d'autres sources d'information à ma disposition : les listes professionnelles,-CDIdoc et E-doc dont je suis une des administratrices – les alertes de Google, Google reader, les newpapers de sites choisis. Les journaux Twitter (Paper.li, Tweetertimes) – m'aident aussi à retweeter certains messages importants que j'ai laissé filer sur ma Time Line. La dernière plateforme de publication sociale en date que j'ai expérimentée – Scoop.it – propose, elle des informations autour de centres d'intérêt précis que je répercute sur Twitter. Je gère donc deux comptes Twitter : Twittendoc et dans une moindre mesure Docspourdocs.

Ton avis sur les réseaux sociaux ? sur Twitter ?

Je ne suis pas très à l'aise avec une utilisation personnelle des réseaux sociaux ce qui est sans doute générationnel (l'avant génération X), mais surtout le sentiment de garder privé ce que me paraît devoir l'être. Je conçois cependant qu'une communauté d'intérêt et d'affinité peut se constituer grâce aux réseaux sociaux, opportunités d'échanges de pratiques, de signalement de ressources. D'autant plus que c'est un moyen de communication privilégié pour la jeune génération : savoir maîtriser ces plateformes permet d'accompagner les plus jeunes dans leur utilisation « citoyenne ». Il est de notre mission de former les jeunes à la maîtrise de ces outils non seulement pour les utiliser à leur avantage : identité numérique, e-réputation, mais aussi les guider dans cette dimension virtuelle, potentiel d'acquisition de connaissances et vecteur de savoirs. Je déplore que la plupart des réseaux internes d'établissement ferment leur accès aux réseaux sociaux tels que Facebook sous prétexte de sécurité, alors qu'ils serait plus formateur de les utiliser comme support pédagogique pour qu'ils en apprivoisent les différentes fonctions, sans pour autant tomber dans l'illusion de la baguette magique. Les supports d'apprentissage, aussi innovants soient-ils, restent des outils au service de la pédagogie et de la formation à l'esprit critique qui reste pour moi la formation essentielle quel que soit le support utilisé : papier, Tice, audiovisuel… Comme beaucoup j'ai détourné Twitter de sa fonction première, j'ai récupéré ses caractéristiques de publication/diffusion simplifiée , rapidité et réactivité : les 140 caractères imposant un esprit de synthèse, les RT pour faciliter la communication d'info, la découverte de comptes pertinents donc de sources pertinentes, la petite musique de l'actualité d'une profession, le suivi de certains événements « en live », le contact avec une profession que je n'exerce plus. Twitter est pour moi une source d'information pertinente lorsqu'on choisit les abonnements avec soin. Mais on est vite dépassé par leur nombre. C'est pour cela que l'établissement de listes me paraît essentiel. D'autant plus qu'on peut générer des journaux à partir des listes constituées et donc filtrer certains comptes particulièrement intéressants. Exemple  de listes issues du compte Twittendoc : profs-docs, enseignement, info-doc et un nombre encore plus restreint de comptes très actifs que j'ai intitulés Veille. Mon utilisation de Twitter a beaucoup évolué depuis 2009 grâce aux filtres mis en place qui permettent de ne pas rester assujetti au fil des messages. Moins chronophage, Twitter devient une source d'informations maîtrisée.

Et Facebook ? as tu un compte ? Pourquoi ?

J'ai un compte Facebook sous utilisé, créé sous impulsion familiale. J'ai accepté des « amis » professionnels mais mon compte Facebook est peu intéressant pour eux. Professionnellement, je ne vois pas l'utilité de répéter sur Facebook ce que je publie sur Twitter en accès libre. Je ne veux pas me disperser, Twitter correspond mieux à mes objectifs. Le compte Facebook me sert cependant de travaux pratiques pour expérimenter les fonctions de Facebook toujours en évolution.

Es tu présente sur d'autres réseaux sociaux ?

Toujours pour la même motivation – connaissance des réseaux sociaux – J'ai intégré Google + cet été pour apprendre à en comprendre les caractéristiques. Mais je n'ai pas plus accroché à Google + qu'à Facebook. Tant que je ne vois pas d'applications à ces réseaux, je les néglige. J'expérimente Scoop.it, plateforme de curation, qui peut être assimilé à un réseau social : abonnements, partage, échange, communauté, avec une fonction bien définie de diffusion thématique des informations trouvées sur le Net. J'alimente plusieurs « Topics » qui peuvent intéresser les professeurs documentalistes et qui me servent de marque-pages.

Par quel moyen te connectes tu ? (pc, smartphone, tablette…)

Je me connecte essentiellement grâce à un PC portable. Je ne suis pas pour l'instant véritablement « mobile ». J'ai souvent utilisé une tablette mais je n'en possède pas.

Utilises tu Twitter web ? un client ? si oui lequel ? qu'en retires -tu ?

  Je twitte la plupart du temps , via un client Twitter « Seesmic Desktop » restant actif sur mon PC, ce qui facilite le signalement des infos intéressantes. Je gère deux comptes Twitter : Twittendoc et docspourdocs, Seesmic Desktop me permet de visionner les deux comptes simultanément sur une seule page et d'intervenir sur l'un ou l'autre des comptes selon les besoins.

Penses tu que Twitter puisse apporter une plus-value à la préparation des concours ? Particulièrement celui de de professeur documentaliste ? Comment ? Pourquoi ?

Intégrer Twitter en sélectionnant des comptes actifs de professeurs documentalistes et de professionnels de l'info-doc est un moyen de mieux connaître au jour le jour les préoccupations, les centre d'intérêts, l'actualité de la profession, mais aussi l'évolution des technologies, de la pédagogie, du web 2,0. de la recherche en science de l'information. C'est une bonne préparation à la compréhension du métier au même titre que s'abonner à une liste de diffusion professionnelle par exemple. Partager des informations avec la communauté active « info-doc » et enseignante ne peut qu'être un atout pour la préparation du concours, ainsi le signalement sur Twitter d'articles, parfois pointus dans le domaine, enrichit la culture personnelle ou professionnelle du candidat qui pourra en tirer profit lors des épreuves du concours. Autre avantage, utiliser un réseau social en professionnel, effectuer une veille informationnelle sont des expériences qui préparent au métier, ces activités faisant partie des missions du professeur documentaliste.

Voici quelques raisons pour lesquelles je conseille Twitter aux profs-docs cf billet quelques conseils pour les professeurs documentalistes sur Twittezvous) participer à un réseau, suivre l’actualité en temps réel, communiquer avec ses pairs, transmettre des savoirs, des savoirs faire et des savoirs être, faire sa veille informationnelle. Qu'en penses-tu ?

Je n'aurais pas mieux résumé tout l'intérêt de Twitter . J'ajouterais cependant l'utilisation de Twitter comme support pédagogique au CDI. Non plus objet d'étude, mais support pour des activités avec les élèves dans le cadre de TPE ou ECJS par exemple.

Visibilité : Comment s'opère tes choix d'abonnements ?

A l'ouverture de mon compte, Twittessai puis Twittendoc donc en juillet 2009, les comptes qui m'intéressaient n'étaient pas très nombreux. J'ai commencé à m'abonner à des comptes de professeurs documentalistes que je connaissais (de réputation ou personnellement) Je puisais alors dans leurs abonnements et sélectionnais mes abonnements en fonction du contenu des messages. Puis j'ai choisi avec la même méthode parmi les comptes actifs de bibliothécaires (en avance sur les profs-docs pour l'utilisation des réseaux) et des enseignants. J'en arrive aujourd'hui à ne plus compter les abonnements, tout en continuant à sélectionner d'après le profil des utilisateurs qui s'abonnent au compte Twittendoc. Mais le nombre de mes abonnements (718) m'empêche de suivre réellement le fil des tweets sur ma Time Line. Mon attention est cependant attirée par certains retweets, mentions et #FF. Je découvre ainsi des comptes que je ne connaissais pas. Les abonnements du compte docspourdocs ont été sélectionnés collectivement. Les ajouts sont peu nombreux sans être bloqués pour autant. Le compte génère des journaux automatisés qui traduisent bien le quotidien des messages reçus sur le compte. La sélection garantit la pertinence des informations ciblées mais gèle les échanges communautaires.    

Sur représentation des profs-docs  quel est ton avis ?

J'ai dénombré 173 comptes de professeurs documentalistes, pas toujours actifs, en nette progression cependant. La principale utilisation de Twitter par les profs-docs est la veille informationnelle. Le noyau de comptes Twitter effectuant la veille est représentatif de la profession. Il suffit de les suivre pour avoir une bonne représentation du métier. L'information de qualité est nécessairement relayée. Les comptes Twitter étant la plupart en accès libre, donc lisibles sur le net sans intégrer Twitter, l'impact du réseau ne peut être évalué précisément. Twitter étant présenté comme chronophage, beaucoup de profs-docs hésitent à ajouter une contrainte à leur emploi du temps déjà chargé. Ce qui ne veut pas dire qu'ils ignorent entièrement le micro-blogging.

Une centaine d'enseignants du second degré qui "twittent". As tu un avis?

Es-tu sûre de ce chiffre ? Je suppose qu'il concerne les enseignants qui twittent régulièrement. Netpublic a dressé une liste de 731 comptes Twitter relatifs aux EPN répartis en 6 listes thématiques, il compte 500 comptes dans le secteur éducation parmi eux les enseignants. Tout dépend ce que l'on attend de Twitter, si l'on pense à sa capacité de fédérer une communauté, une centaine c'est peu. Si j'étais toujours en activité, je sais que je ne twitterais pas aussi assidûment . Consciente de ce privilège, je continue la veille sur Twitter, sorte de mutualisation de la prise d'informations.

Merci d'avoir accepté de répondre à ce "twinterview" :-)

@twittendoc

@sophiebocquet

A propos de l'auteur

sophiebocquet

Professeur documentaliste en collège

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1 comment

  1. jadlat

    vazy jacqueline, on a besoin de toi !

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