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jan 15

admin

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Twinterview avec une enseignante de lettres

 

 Bonjour @drmlj, peux tu te présenter en quelques lignes?

 Je suis Delphine Regnard, enseignante de lettres classiques à Mantes-la-Jolie (en collège d’abord puis en lycée). Je suis également membre du Groupe d’expérimentations pédagogiques de Lettres et formatrice à la Mission Tice de Versailles.

 Ta présence sur Twitter est elle à titre personnel,  professionnel ou les deux ?

 Si j’y réfléchis bien, j’ai du mal à répondre à cette question tant les deux se rejoignent, le personnel irriguant le professionnel et vice-versa. Le compte @drmlj est un compte personnel mais est aussi le compte d’une professeure de lettres sur Twitter. J’administre des comptes professionnels : ceux de mes classes (cette année en Littérature @littlyc et en Latin @latinTle), celui du forum des professeurs de lettres de l’académie de Versailles @LabLettres, celui du Clémi de Versailles @clemiVersailles.

 Pourquoi Twitter ? Depuis quand es tu inscrite ?

 Je me suis inscrite en 2009 mais n’ai commencé à Tweeter qu’en octobre 2010. J’ai tendance à m’inscrire un peu partout sur la Toile pour voir ce qu’il se fait, comment ça marche, si c’est intéressant. J’ai été très décontenancée au début sur ce réseau social, très différent de son grand concurrent, au point de rester muette, avec l’énorme impression de parler « dans le vide ». Il a fallu que @chrism me parle de ce réseau pour que je commence à l’investir.

 Quelle est ta fréquence de connexion ?

 Euh…24/24 h et 7/7 j … Je me suis acheté un smartphone pour tweeter.

 

 Par quel moyen te connectes tu ?

 Par tous les moyens possibles, selon la situation : depuis mon ordinateur, ma tablette, mon smartphone…En ligne ou via une application…

 Quel intérêt y trouves tu dans ton quotidien de professeur de lettres?

 C’est là où le personnel et le professionnel se rejoignent car j’adore lire et écrire : j’étais très frustrée de passer tant de temps à lire les copies et écrire sur elles, à lire les livres du programme et écrire sur eux, au détriment de lectures et écritures personnelles et plus créatives. Être sur Twitter fut une renaissance ! Je peux suivre l’actualité littéraire, voir des écrivains au travail, échanger avec d’autres lecteurs, rencontrer des collègues d’autres matières, m’essayer moi-même à écrire…et trouver (en plus !) des lecteurs.

 Tu tweetes avec tes élèves. Peux tu nous en parler ? (origine du projet, déroulement, freins, leviers, bilan)

 J’ai commencé l’année dernière à utiliser Twitter en classe soit pour faire faire de la veille soit pour faire écrire (avec plaisir) les élèves : il me semble évident à l’heure du numérique de faire écrire « en numérique » à mes élèves. Nous avons fait des rencontres de spécialistes (qu’ils soient socialement reconnus comme des professeurs de fac, ou spécialistes amateurs, mais toujours éclairés) qui ont pu échanger avec les élèves et les motiver en leur donnant un peu d’interêt à leurs lectures. Cette année, le travail sur Twitter avec mes élèves de latin relève de la gageure (et presque de la provocation) : il s’agit pour mes élèves et moi de montrer que le latin (et le grec) n’est pas mort. On tweete en latin, on s’abonne à des comptes (nombreux !) qui écrivent en latin, on utilise l’outil comme outil de collaboration…Le nombre de nos abonnés dépasse nos espérances, et nous conforte dans l’idée qu’il y a un intérêt à cette langue et son enseignement. En revanche le compte @littlyc fonctionne moins car j’ai lancé ma classe dans un autre projet, qui fonctionne très bien sans Twitter.

 Et Facebook ? as tu un compte ? Pourquoi ?

 J’ai créé un compte un peu comme tout le monde, je commence à l’investir davantage depuis quelques semaines. Pourquoi ? par obligation : tout le monde a un compte Facebook ! et puis, c’est toujours par curiosité.

 L'annuaire de Twittezvous compte maintenant une trentaine d'enseignants de lettres, qu'en penses tu? quels sont tes liens avec cette communauté?

 Je pense que ce n’est pas beaucoup, même s’il commence à y avoir plusieurs collègues de lettres. Je suis très étonnée qu’ils n’investissent pas davantage cet espace de lecture-écriture, mais cela n’a rien d’une critique. Je suis très proche intellectuellement et amicalement de quelques (trop) rares profs de lettres, je suis plutôt copine avec des profs docs (rires) et des collègues d’autres matières, notamment histoire-géo et maths.

 Tu comptes aujourd'hui plus de 1500 abonnés, comment expliques tu un tel succès? 2000 abonnements n'était ce pas difficile à suivre ?

 C’est une question que je me pose en permanence ! Surtout, ce qui m’étonne, c’est que les gens restent ! Je suis très bavarde et je m’attendais à lasser, mais non. Ce doit être parce que les connectés à Twitter sont très sympathiques. Plus sérieusement, il est vrai aussi que je poste des choses assez éclectiques, ce qui doit certainement augmenter le ratissage ! (rires)

Quant à mon nombre d’abonnements, effectivement il est énorme, mais j’aime employer la métaphore de la bibliothèque pour l’expliquer (et parfois le justifier) : ce n’est pas parce que je ne lirai pas tous les livres de la bibliothèque que je ne m’y inscris pas. Eh bien, c’est la même chose ici : je m’abonne, parfois je me jette sur le livre-tweets, parfois je le lis plus tard.

Et puis, étonnamment, il y a beaucoup de comptes qui ne tweetent pas ou très peu.

 

 Tu as plusieurs "casquettes" enseignante, bloggeuse mais également formatrice et cette année étudiante non ?

 Oui.

 

 En as-tu d'autres ?

 Non, pas à ma connaissance ;-)

 

 Comment concilies-tu tout cela ?

 C’est le problème de cette année. Cependant, les actions que je peux mener avec telle casquette enrichissent les autres. C’est un même fleuve irrigué par plusieurs affluents.

 Comment passes tu de l'un à l'autre ? Comment t'organises-tu ?  Je fais parfois les deux en même temps (par exemple, une heure de permanence au lycée me permet de faire de la veille pour le compte du Clémi, donc de lire des choses qui me serviront quand je serai en temps de formation, etc) ; plus souvent, c’est une question de lieu : au lycée, c’est lycée, chez moi dans mon bureau c’est lycée et préparations « sérieuses », devant la télé c’est souvent de la veille, …

 

 N'y perds tu pas parfois ton "latin" :) ) ?

 Non, pour la raison que j’ai dite plus haut. Au contraire, j’ai retrouvé une joie à enseigner que je commençais à perdre car je m’ennuyais beaucoup. Depuis Twitter, j’ai le cerveau en ébullition.

 

 Quels sont tes outils et ton matériel ?

 Je deviens comme Edouard aux mains d’argent ! J’utilise un Netbook, un Macbook, une tablette, un smartphone. Les outils sont Twitter (en particulier Tweetdeck), Netvibes, les sites portail, les sites associatifs…

 Peux- tu nous parler de ton travail de veille ?  Je « veille » sur plusieurs sujets : tout ce qui concerne l’éducation aux médias, mais aussi les usages du numérique à l’école, la littérature contemporaine, les langues anciennes, l’actualité…

 

 De quelle manière l'organises tu en fonction de tes sujets, de tes activités ou autre ?  Je n’ai pas mis en place des flux car je ne veux pas me transformer en robot. L’objectif, à mes yeux, n’est pas de tout lire, tout relayer, mais de faire profiter des ressources que je peux remarquer (et je m’en remets à un « concept » philosophique grec : le hasard). De toute façon, si un outil, une info, etc, est vraiment important(e) et/ou intéressant(e), je finirai bien par en avoir connaissance grâce aux multiples partages. Donc je prends les infos à la volée. Je vais lire aussi des sites incontournables, et j’ai installé dans Tweetdeck des listes ou des recherches très utiles.

 

  Tu es très présente sur les réseaux sociaux, peux tu quantifier le temps que tu y passes ?

 Ah ! je vais me faire gronder si je dis un chiffre réel… Disons que j’allume twitter le matin au réveil et que je l’éteins quand je vais me coucher (et je le rallume pendant mes insomnies).

 

 Arrives-tu à te déconnecter ?

 Oui, quand la situation le permet (en cours, au cinéma, moments intéressants…) mais dès que je m’ennuie, je dois reconnaître que j’ouvre davantage le capot de ma tablette qu’un livre papier, ce qui ne veut pas dire que je ne lis pas ;-)

 Pourquoi es tu sur tous ces réseaux sociaux ? 

 La première et véritable raison, celle qui a fait que je m’y suis tant investie au départ est très personnelle et je ne souhaite pas en parler (je pense à ce que disait Yann Leroux à Xavier de la Porte sur Place de la Toile il y a un an environ : si on passe beaucoup de temps à jouer – pour moi, à surfer – ce n’est pas la faute du jeu, c’est pour une raison personnelle). Si je continue à être sur les réseaux, c’est que j’y rencontre des gens passionnants que je n’aurais pas eu l’occasion de rencontrer autrement, que je découvre la vie du monde et vraiment j’adore.

 Que t'apportent-ils ?

 Du bonheur ! bonheur de lire, d’échanger, de discuter, de plaisanter, d’apprendre, de découvrir des personnes fort sympathiques : vous deux par exemple !

 

 Merci d'avoir accepté de répondre à ce "twinterview" ! :-)

 

   

 @drmlj

   

 @sophiebocquet

   

 @nbenyounes

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